Allo? Mon enfant a un problème!

Cet article partage quelques éclairages intéressants  quand vous vous apprêtez à faire appel pour votre enfant à un praticien en sophrologie ou en hypnose. Ces réflexions sont issues de notre expérience avec les parents chez Agapèlia.

 

 

 

Par Catherine Pirard et Peter Vanhaesendonck

Cherchez une réponse à vos besoins d’apaisement et de coopération

Bien souvent, quand on s'adresse à un sophrologue ou à un hypnothérapeute pour son enfant, c'est qu’on arrive à la conclusion que seul on ne s'en sort plus. On a l'impression d'avoir tout essayé et le cœur hésitant entre l'espoir et le désespoir, éprouvant la honte parfois mais mû par le courage, on vient s'ouvrir sur le problème de son enfant. Déjà, vous êtes en droit d’attendre la reconnaissance du courage de votre démarche par le thérapeute. Mais vous ne devez pas hésiter à parler de votre besoin d’être apaisé si vous vous sentez désemparé. En vous en remettant au praticien, vous ne capitulez pas, votre rôle reste intact et vous pouvez exprimer votre besoin de coopération. Mais en faisant part de ces besoins, vous pourriez avoir l’impression d’attirer l’attention sur vous, alors que vous venez pour l’enfant. Vous pourriez en vous ouvrant ainsi craindre de mettre la pression sur votre enfant, par le poids de vos propres émotions. Comme il s’agit d’une nouvelle relation, vous pourriez naturellement avoir envie de vous présenter sous votre meilleur jour et du coup ne pas exposer certaines parties de vous ou taire certaines choses. C’est normal mais rappelez-vous que le cabinet du praticien et le moment de la séance sont l’espace et le temps d’une communication et d’une relation authentique qui rendent possibles les changements. Alors profitez-en !

 

 

Évitez que le symptôme ne crée le problème

Quand le symptôme apparaît, le problème se matérialise et prend sa place dans la vie de la famille. Quel symptôme, par exemple, chez votre enfant ? Des cauchemars à répétition, une difficulté à s'endormir, de l'agitation, une attitude dissipée en classe, une attitude de retrait à l'école ou en famille, etc. Quand ce comportement est interprété comme un symptôme, il devient naturellement le déclencheur de ce qu'on pourrait appeler la création du problème. 

Chacun va vivre à sa manière cette apparition du symptôme : chacun des parents à sa manière, pas nécessairement la même, la fratrie encore différemment, et l'enfant qui porte le symptôme encore à sa façon. Parfois même l'enfant n'accorde pas de lui-même une attention à ce symptôme, il ne parait pas conscient aux yeux de ses parents, renforçant leur sentiment d’être impuissants. En fait il ne définit pas toujours son comportement comme un symptôme, encore moins comme un problème.

Ce qu’il faut bien voir, c’est qu’en définissant un comportement, une émotion ou un état intérieur comme un symptôme, on le relie directement à un dysfonctionnement défini. On crée aussi une histoire en recherchant des causes extérieures, des événements déclencheurs. De nos jours, les parents sont devenus très vigilants pour leurs enfants à propos de concepts comme l'hyper-sensibilité, le TDHA, le Haut Potentiel, ... Ils connaissent plus ou moins bien les symptômes et les traquent. Ils peuvent donc croire les reconnaître chez leur enfant. Bien sûr, un diagnostic précis est toujours possible chez un spécialiste et s'il est avéré, il faudra en tenir compte. Mais il arrive que ce soit ce souci de prévention qui crée le problème en stigmatisant le comportement de l'enfant. Quand on a reçu une étiquette, il est difficile de s’en débarrasser.

C’est pourquoi le praticien sera attentif à ne pas emprisonner votre enfant dans la définition d’un symptôme ou dans une histoire. Mais pour autant, il tiendra certainement compte de cette histoire et du vécu de chacun dans la famille et l’entourage de l’enfant car c’est dans cette réalité que s’inscriront les changements et le mieux-être de l’enfant.

 

 

 

Lâchez prise et laissez les choses se faire

La première étape du praticien sera de vous écouter... et votre enfant bien sûr pour faire émerger un objectif à atteindre au travers des séances. Pour vous parent, l'objectif est simplement que par ces séances, le symptôme disparaisse et avec lui le problème. En somme, vous pourriez avoir l’impression de déléguer au praticien et cela peut être une bonne chose, car en passant le relais, vous pouvez lâcher prise et enfin laisser les choses se faire. Lâcher prise veut dire accepter que l'enfant sera seul avec le praticien dans une alliance et une relation confidentielle et que vous pouvez arrêter de mettre la pression pour que les choses changent et faire confiance au processus qui se met en place. Car il est souvent avéré qu'en faisant ce lâcher prise, le problème peut se dénouer, se dégonfler ou tout simplement ne plus exister. Mais ce n’est pas si facile de lâcher prise parce qu’en tant que parent on veut coopérer et rester dans le contrôle. Voilà un point dont il ne faut pas hésiter à parler avec le praticien. Une autre raison qui rend le lâcher prise difficile est que le parent constate que pour l’enfant, l’objectif des séances n’est pas nécessairement que le symptôme disparaisse. Cela peut paraître étonnant pour le parent mais cette divergence dépend de la façon dont l’enfant considère son symptôme et de sa volonté propre de le voir disparaître ou s’atténuer. Être le problème n’est pas une position très acceptable pour l’enfant qui peut alors faire de la résistance. Dès lors le lâcher-prise du ou des parents offre à leur enfant une détente qui permet à sa motivation et à ses besoins de trouver des réponses adaptées et créatives.

 

Mon enfant n’est pas moi

« La prunelle de mes yeux », « mon cœur », … nos enfants sont une partie de nous, un fil invisible nous lie à eux quelque soit l’espace et le temps qui nous séparent. Mais ils ne sont pas nous, ils nous sont distincts, personnels, malgré les ressemblances que l’on énumère fièrement. Et donc, il nous est difficile d’admettre certains de leurs traits ou certaines de leurs attitudes qui ont le don de nous mettre hors de nous. Si je suis un père qui occupe mon temps plongé dans des activités concrètes modelant et changeant mon environnement, jonglant avec un agenda chargé, je peux peut-être difficilement accepter un fils absorbé dans l’expression artistique, la contemplation et la lecture. Mais vouloir éradiquer ces parts personnelles de mon enfant est bien sûr vain et ne peut qu’exacerber les tensions qui détériorent déjà notre relation. Ici, l’accueil de toutes les parts de mon enfant sera la solution. Quel pas puis-je faire vers mon enfant plutôt que de vouloir le changer à tout prix? Il n’est pas rare qu’en tant que parent nous refusions de voir chez nous ce qui a l’air de nous sauter aux yeux chez notre enfant. L’enfant est révélateur d’une part de nous que nous préférerions ignorer. Derrière mon image et mon identité d’homme pragmatique, actif et concret, est-ce que ne se cachent pas l’artiste et l’intuitif que j’aurais pu être ou même un jour voulu devenir ? Mon enfant m’offre cette occasion unique de me découvrir à travers lui.

 

Faire alliance ensemble

Le praticien est tout entier tourné vers son jeune patient. Il est attentif et concerné par les progrès que l’enfant fait dans son cheminement vers la réalisation de son propre objectif. Cela peut paraître un peu contrariant, difficile à accepter, voire carrément humiliant pour certains parents, de voir le praticien devenir l'allié de leur enfant et ils peuvent se demander quelle est leur place dans le processus de changement qui s’opère. Mais avec un peu de recul, on peut comprendre cette alliance : l'enfant va, dans sa relation librement construite avec le praticien, recouvrir l'autonomie et la confiance nécessaires pour adopter -librement à nouveau- les changements qui seront favorables à son développement. Mais une alliance à trois n'est-elle pas possible et souhaitable ? Si bien sûr ! Et il faut la rechercher. Le parent peut effectivement avoir l'impression que son rôle s'efface au seuil du cabinet du praticien, mais ce n’est pas du tout le cas. Lorsque l’objectif est clair et partagé tant par vous que votre enfant, l’alliance est alors possible car les progrès engrangés par votre enfant seront mieux identifiés et vous pourrez les renforcer par vos encouragements. L’alliance passe aussi par votre volonté de mettre en place les changements qui dépendent de vous à la maison, à l’école, etc. qui peuvent aider l’enfant dans sa progression. 

Vous pouvez en discuter avec le praticien, il pourra le mieux vous conseiller dans la manière de soutenir et encourager votre enfant.

 

 

Voila quelques éclairages qui nous l’espérons vous aideront vous, votre famille et votre enfant et contribueront au succès de l’apprentissage de votre enfant.

 

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